23 décembre 2009

Meurtre à Poudlard !

Comme on me l'a demandé récemment, voici ici l'Os que j'ai écrit pour le concours HPF chez les Sorciers, organisé Anwanamë sur le site HPFanfiction, sur ce topic. Sachez aussi que cette participation est la gagnante du concours :D (Comment ça je me la pète ? J'en suis fière, hein ^^). Enfin, j'espère que ce texte vous apportera autant de plaisirs que j'en ai eu à l'écrire... Bonne lecture !

*****

Meurtre à Poudlard !

Un professeur assassiné dans l’enceinte de l’école.

 

Ce vendredi matin, Minerva McGonagall, professeur de Métamorphose depuis de nombreuses années dans cette très célébrissime école de sorcellerie qu’est Poudlard, a été retrouvée morte, son corps étrangement mutilé, dans le parc, à la lisière de la Forêt interdite.

D’après Shacklebolt, l’un des aurors chargé de l’enquête, la cause de cette mort n’est pas d’origine animale. « Les créatures peuplant la Forêt interdite, aussi originales et dangereuses soient-elles, sont incapables de créer des blessures telles que celles parcourant le corps de Mrs McGonagall. » affirme l’auror. La thèse de l’accident n’est désormais plus à envisager, et celle du meurtre présente cette histoire sous un jour très sombre. Quel être humain est capable de commettre de telles atrocités ? Plus inquiétant encore : cet individu est-il toujours à Poudlard ? Va-t-il recommencer ? Nos enfants sont-ils en danger ? Poudlard, le lieu réputé le plus sûr de toute la Grande Bretagne, un coupe-gorge pour des âmes innocentes ? De nombreux parents ont d’ors et déjà retiré leurs enfants de cette enceinte. « Il ne faut pas céder à la panique » prétend le Professeur Dumbledore, directeur de cette école, Commandeur du Grand-Ordre de Merlin, Docteur ès sorcellerie, Enchanteur-en-chef… Ses titres sont nombreux mais, rappelons-le, ses affabulations concernant le retour de Vous-savez-qui le range désormais dans la catégorie des personnes instables et auxquelles il ne faudrait pas confier son chat.

La sécurité de l’école a été renforcée, et de nombreux aurors y sont présents à chaque heure du jour et de la nuit. Ces derniers mènent l’enquête avec rigueur et détermination, et les soupçons se portent sur un mystérieux groupe de jeunes gens apparu récemment aux alentours de l’école. Le coupable, ou les coupables, se cache-t-il parmi eux ?

Toute l’équipe de rédaction se mobilise pour vous dévoiler l’entière vérité sur cette affaire.

Votre reporter dévoué,

Rita Skeeter.

*****

 

Rien qu’à l’idée du nombre de suspects à interroger et de procédures à suivre, Kingsley Shacklebolt eut un grognement exaspéré. Un assassin ignoble se promenait dans les alentours, et peut-être même sous son nez !, et cela mettrait probablement des jours avant que l’enquête avance. Et à côté de cela, ses supérieurs voulaient que cette affaire se règle au plus vite ?

Dumbledore tourna sa mine sombre vers son interlocuteur, et commenta :

« Je vois que cette histoire pèse à tout le monde. C’est une grande sorcière que nous avons perdue. Et en de telles circonstances ! »

Kingsley acquiesça.

« Il me tarde de démasquer le coupable. Il ne faut pas qu’un tel meurtrier continue à se mouvoir librement dans les environs. Qui sait quels crimes il pourrait encore commettre ?

- La sécurité de Poudlard a été renforcée, s’il s’y cache, on le trouvera, affirma le Directeur.

- Vous oubliez l’histoire Black, remarqua Kingsley.

- Nous savons tous deux de quoi il en retourne.

- Et rien ne dit que le coupable n’est pas sous nos yeux, soutint l’auror. »

Ils avancèrent encore durant quelques mètres, puis le Directeur s’arrêta, et présenta une porte à Shacklebolt.

« Voici où logent les différents suspects. Je pense que vous pouvez les interroger dans cette autre pièce, lui proposa Dumbledore, tendant un bras vers une autre entrée.

- Comment sont-ils arrivés ici ? L’interrogea l’auror, intrigué.

- Il vaut mieux que vous leur demandiez vous-même. Ils m’ont donné un discours complètement incompréhensible, avec des mots aussi saugrenus que fanfiction, HPF, ordaniter… La seule chose que j’ai pu discerner, c’est qu’ils ne savent pas exactement comment ils sont arrivés ici.

- Ca, c’est-ce que disent les personnes cachant un secret, insinua l’auror. »

Sans plus attendre, il entra dans la salle où résidaient les mystérieux arrivants. Il tomba alors sur un spectacle étrange. Il régnait un brouhaha infernal dans l’immense séjour, dans lequel la plupart des personnes interrogées s’étaient rassemblées. Un état de surexcitation intense enveloppait la pièce, et plusieurs femmes semblaient se disputer, alors qu’un homme essayait de calmer le monde. Plusieurs filles s’étaient assises contre les murs, à même le sol, et contemplaient le spectacle d’un air désabusé. Parmi elles, une jeune femme sanglotait, et l’une de ses amies essayait de la réconforter. Le ton monta à l’arrivée des aurors, et il fallut de peu pour que deux des femmes en viennent aux mains. Kingsley, surpris, demanda à l’un des hommes en faction.

« Que se passe-t-il ici ?

- Je n’en sais rien, chef. Apparemment, l’une des plus jeunes, celle qui se bat, aurait fait une remarque à une autre des femmes. Je n’ai pas pu tout suivre, la plupart des personnes ici parlent français, et nous n’avons pas réussi à rétablir le calme. »

Shacklebolt hocha la tête, et signala par un regard furieux que cette incapacité à faire régner l’ordre serait remise sur le tapis dans des circonstances plus favorables à la discussion. Il s’appliqua alors un sonorus, et dit :

« Silence ! »

La plupart des personnes se turent alors, et l’homme qui cherchait à retenir certaines femmes profita de la surprise générale pour ceinturer l’une des adversaires. Il proféra alors quelques mots d’excuses à l’adresse des aurors, malheureusement incompréhensibles pour eux.

« Y a-t-il quelqu’un sachant parler anglais ici ? Demanda Kingsley, s’attendant fortement à une réponse négative. »

Une jeune blonde se détacha du groupe, leva le bras et dit, sautillant par la même occasion :

« Moi, Monsieur ! »

L’auror échangea un regard dépité avec le Directeur, puis marmonna :

« Hum… Oui. Qui d’autre ? »

Une brune se leva péniblement du fauteuil sur lequel elle était assise, puis s’avança, les jambes vacillantes :

« Il y a moi aussi, M’sieur. »

Autre échange visuel traumatisé. Toutes les personnes présentes ici étaient de cet acabit ? Comme pour enfoncer un peu plus l’auror dans son supplice, Dumbledore hocha lentement la tête.

« Génial, une bande de débiles… baragouina Halks, l’un des enquêteurs.

- Il n’y a personne d’autre ? Supplia Kingsley. Vraiment ?

- Naon… ânonna le blonde.

- Que Merlin nous sauve, murmura Halks.

- Que vos prières soient entendues, fit religieusement Dumbledore.

- Oh, arrêtez… Râla Kingsley. Bon, vous ferez l’affaire, continua-t-il en s’adressant aux deux jeunes filles. Nous allons commencer par vos interrogatoires, puis nous enchaînerons sur ceux des autres. Vous nous aiderez à comprendre ce dialecte horrible, le temps qu’un traducteur puisse se déplacer jusque Pouldard.

- Oui, chef ! Fit la blonde en exécutant un salut militaire.

- Ouais, M’sieur, pas d’problèèèmes… »

Oh Merlin…

*****

 

Que le premier interrogatoire commence.

 

*****

 

Ellie, Canadienne, âge inconnu.

 

Kingsley plaça sa tête entre ses mains, coudes appuyés sur la table, et jeta un léger coup d’œil au parchemin que tenait Halks, l’auror l’aidant pour ces interrogatoires.

« N’oubliez pas de tout noter… Il ne faudrait pas qu’une information nous échappe à cause d’un rapport mal rédigé.

- Oui, chef ! »

Ne prêtant plus attention aux affaires de son collègue, Shacklebolt se tourna vers la première suspecte, et pris en main l’entretien.

« Très bien, commencez par nous raconter qui vous êtes, et de quelle manière ce groupe et vous êtes arrivés ici.

- Vous savez que je n’ai jamais touché de baguette de ma vie ? Enchaîna la jeune fille, plongeant son adversaire dans un profond état de stupéfaction. A dire vrai, la votre est la première que je vois. Réellement, si vous comprenez ce que je veux dire. Pas dans des images de film ou sur Internet.

- Inter- quoi ? Réagit immédiatement l’inspecteur Halks.

- Vous savez ? Internet, le truc dans la petite boite avec des images, qui permet de lire, regarder des films, écrire, et tout plein d’autres choses ? La toile ? »

Observant plus attentivement les deux personnes face à elle, Ellie soupira.

« Ah non, c’est vrai, vous ne pouvez pas connaître… Bref, un objet moldu.

- Vous êtes moldue ?! S’écria Shacklebolt, encore plus éberlué qu’auparavant.

- Oui. Comme tous les autres, dans l’autre pièce. »

Les deux aurors échangèrent un regard angoissé. Cela signifiait-il bien qu’une dizaine de jeunes moldus avaient réussi à accéder à la plus grande école de sorcellerie de Grande-Bretagne, au détriment des mesures de sécurité titanesques qui l’entouraient ?! Impossible !

«  Mais… bégaya Halks. Comment avez-vous pu pénétrer Poudlard, alors ?

- C’est une excellente question mon cher Watson, rétorqua Ellie. A dire vrai, je n’en ai strictement pas la moindre idée. J’étais tranquillement devant mon ordinateur -un autre outil moldu- à exercer mon travail de modératrice -soumettre des chapitres, valider quelques fictions, ce genre de choses. Vous ne devez pas connaître-, lorsque je me suis sentie comme aspirée par mon écran. Et quelques secondes plus tard, je me suis retrouvée dans la salle où vous nous avez trouvés, entourée des autres personnes que vous avez pu rencontrer. Avant cette arrivée ici, je m’étais déjà retrouvée face à certaines d’entre elles, et la plupart ne me sont pas inconnues… Tous sont membres, comme moi, du site d’HPFanfiction. J’en déduis donc que ce n’est pas un hasard qu’on se retrouve ici. Cet étrange débarquement, plus ce meurtre horrible… Je ne sais pas comment nous sommes arrivés ici, mais il doit y avoir une raison. »

Sur ces paroles insolites, Shacklebolt mit fin à l’entretient.

*****

 

Morgwen, FARLAI de grande renommée.

 

La jeune fille s’écroula sur sa chaise, puis demanda d’une voix pâteuse ce qu’on lui voulait.

« Votre amie nous a raconté une histoire bien étrange à propos de votre arrivée ici, reprit Kingsley en fronçant le nez. Que pouvez-vous en dire ?

- Et biiiiieeen, d’après ce que les autres m’ont raconté, on a subi à peu de choses près la même chose… Aspiration par l’écran du PC, puis apparition ici. Simple en apparence, mais rudement compliqué, hein ?

- Très bien… marmonna Halks. Et après ? Qu’avez-vous fait ?

- On a discuté un moment pour savoir quel jeunot on enverrait chez le directeur de cette école pour signaler notre arrivée fichtrement bizarre, puis on s’est décidé pour y aller tous ensemble. Seul, le p’tit risquait de pas retrouver son chemin…

- Comment saviez-vous que vous vous trouviez dans une école ? Et qu’il y avait un Directeur ? Renchérit Kingsley.

- On connait tout de votre monde, nous, les fans. Chez nous, vous êtes un bouquin à l’origine pour jeunes, mais tout le monde vous connait… On a pas eu trop de mal à reconnaître…

- Un livre ?! Glapit Halks, les yeux ronds de surprise.

- Bon, je voudrais pas vous choquer, vous les sorciers, alors je vais donner une version simplifiée de ce truc. Il y a quelques années, une sorcière a raconté les aventures d’Harry Potter, un petit sorcier de Grande Bretagne. Ca fait un super carton, sérieux. Mais elle a jamais dit que c’était réel. Pour tous les moldus, ce n’est qu’une histoire, la magie n’existe pas. C’est juste… Un livre, quoi.

- Quel est le nom de cette sorcière ?

- Je doute qu’il ait une réelle importance, fit Kingsley, désapprobateur. Donc vous êtes tous allés trouver le Directeur. Et ?

- On a raconté toute l’histoire à Dumbledore, et il nous a raccompagné à la salle, nous promettant de nous trouver un moyen de retourner chez nous. Il nous a alors proposé de visiter le château, demandant aux tableaux de nous aider en cas de problèmes. Parce que dans ce labyrinthe, c’est rudement facile de se perdre…

- Alors vous vous êtes séparés, et vous êtes partis à l’aventure ?

- Hum… Avant ça, on a un peu discuté de ce qu’on devait faire. Il y a une petite idiote qui avait décrété qu’on devait faire en sorte de rester ici. Paraîtrait-il qu’elle préfère ce monde au notre. Bref, on s’est un peu engueulé tout le monde sur la chose à faire, puis on s’est séparé, et on a suivi les conseils de Dumbledore. Il aurait pas pu plutôt nous renvoyer chez nous tout de suite, non ? On ne serait pas mêlés à cette triste affaire, au moins.

 

- Et vous ? Qu’avez-vous fait ?

- Quand tout le monde est parti, la plupart à la découverte de leurs personnages préférés, je me suis retrouvée seule avec Angel. Ni son personnage préféré, ni le mien ne sont présents à Poudlard en ce moment, donc on déprimait un peu… Je sais qu’on est parties pour les cuisines, mais je ne me souviens plus trop de comment on y est arrivées, et ce qu’on y a fait. Je suppose qu’on a bu pas mal, vu mon mal de crâne… Votre Whisky n’est pas aussi bon que le nôtre… 

- Très bien, conclut Shacklebolt. Je crois que nous allons vous laisser là. Nous vous rappellerons si besoin est. »

Morgwen se leva, et fit mine de passer la porte.

« Attendez une seconde ! Fit Halks, se levant à moitié. Pourriez-vous demander au chef du groupe de venir ? Appelez votre camarade pour traduire, si vous voulez faire une pause. Nous vous laissons vous débrouiller pour alterner. »

La jeune fille hocha la tête, puis sortit de la pièce.

*****

 

Angel_of_Shadows, Dictatrice.

Accessoirement, l’une des participantes de la mêlée.

 

Kingsley soupira, puis reprit, ses paroles automatiquement traduites par Ellie.

« Je suppose que vous allez me dire la même chose au sujet de votre arrivée ?

- Vous supposez bien, marmonna Angel. Un écran qui m’a aspirée, et je me suis retrouvée ici.

- Bien. Après votre visite chez le Directeur, qu’avez-vous fait ?

- Et bien, il fallait remotiver les troupes, et les encadrer un minimum. Si on ne leur impose pas de limites, certains spécimens créent des catastrophes. En tant que Dictatrice, il fallait pas que je les laisse dérailler. Tout le monde s’énervait, quelques uns souhaitant rester aussi longtemps que possible ici, d’autres non… Il y a eu cette petite peste, comment s’appelle-t-elle, déjà ? Une vraie inconsciente, farouche et complètement illogique… Raah, Ellie, tu m‘aides ? »

La susnommée continuait à traduire mécaniquement, un sourire éclatant aux lèvres, fière de se sentir utile, mais elle se stoppa brusquement lorsque son nom fut prononcé, réalisant que ces dernières paroles lui étaient adressées. Elle rougit alors, un peu mal à l’aise, avant de répondre :

« C’est cette Asuka, Angel… Bizarre comme fille. Un peu chiante, avec ses idées de révolutionnaire. »

Kingsley haussa un sourcil, et demanda :

« Vous savez ce qu’elle a pu faire au moment du meurtre ?

- Je n’en ai pas la moindre idée, affirma Angel_of_Shadows. Je suis restée avec Morgwen, sans croiser presque personne, et Ellie est partie avec Lyane. N’est-ce pas, Ellie ?

- Hum… Oui, c’est ça, assura-t-elle avec léger coup d’œil sur son amie.

- Racontez nous ce que vous avez fait entre le moment où vous vous êtes séparée du reste du groupe, jusqu’à l’instant où vous avez été rassemblés et où vous avez appris la mort de notre bien-aimée Minerva, continua Halks, légèrement exaspéré. Ce presque ? Que signifie-t-il ? »

Angel eut un instant d’hésitation, avant de se lancer :

« Morgwen a dû vous le dire : nous étions toutes les deux un peu chagrinées par le fait que nos personnages favoris ne se trouvaient pas à Poudlard en ce moment.

- Morgwen est une fan de Remus, crut bon d’ajouter Ellie, et le favori d’Angel reste Tom Jedusor.

- Continuez ! insista Shacklebolt.

- On s’est retrouvé en cuisine, et on a demandé aux elfes de l’alcool. C’est pour ça que Morgwen est un peu… Embrumée. Après plus d’une heure de discussions et de lamentations, et quelques verres en plus, on a cherché à retourner dans la salle qui nous avait été affectée, ou, si on en avait l’occasion, à rejoindre un de nos amis. Mais Poudlard est bien plus grand que tout ce que j’ai pu voir. Bien évidemment, on s’est perdues. Je ne sais trop comment, mais on est arrivé au rez-de chaussée. On a alors croisé Dumbledore, qui aurait pu nous aider, mais il avait l’air si furieux qu’on n’a pas osé. Et puis, Morgwen était bien pompette, et elle est un peu dure à maîtriser dans ces cas-là… On a tourné en rond pendant encore presqu’une heure, et, heureusement pour nous, un tableau devant lequel on était passé plusieurs fois a eu pitié de nous, et nous a guidé jusqu’à la salle. Lorsqu’on y est arrivées, tous les autres étaient rentrés, et Asuka Black nous a sauté dessus en nous apprenant le meurtre de Mrs McGonagall.

- Qu’est-ce qui a provoqué votre dispute avec elle ?

- C’est son attitude. Asuka était énervée que nous soyons tous obligés de rester ici. Elle aurait aimé partir vite et bien, et ne pas être mêlée à toute cette affaire. Lilith lui a rappelé que c’était elle qui avait tant tenu à rester à Poudlard, en disant que l’aventure serait excitante, magique, et toutes sortes de débilités du même style. Que c’était presque de sa faute si nous nous retrouvions coincés dans cette galère. Qu’il fallait qu’elle arrête de toujours porter ses erreurs sur les autres. Bref, quand Lilith s’énerve, ça fait beaucoup de bruits. Mais maintenant, nous sommes les principaux suspects. Que de circonstances étranges, non ? Nous sommes arrivés il n’y a même pas une journée, et dans les heures qui suivent notre mystérieuse apparition -que même nous ne pouvons expliquer- boum ! Un meurtre. Et pas n’importe qui : la directrice adjointe elle-même !

- Et après ça, tout le monde s’est engueulé avec tout le monde, ajouta Ellie. La plupart était contre Asuka. Ca a facilement dégénéré. Angel se sentait responsable, et, aidée de la boisson, elle a sauté sur Asuka. Le bruit a vite fatigué Lilith, qui est allée s’assoir dans un coin, en contemplant d’un œil morne la bagarre, et Anwanamë a éclaté en sanglots. C’est une fille hyper sensible, et l’idée que l’un d’entre nous soit le meurtrier ajouté au grabuge lui a un peu fatigué les nerfs. »

Kingsley hocha la tête, songeur, avant de conclure :

« Je pense que cela va nous suffire pour l’instant. Je vous rappellerais si besoin est.

- Bien, Mr. J’espère vous avoir été utile, soupira Angel, avant de rejoindre péniblement ses troupes. »

*****

 

Lyane, Fougère carnivore.

 

« C’est bizarre, lorsqu’on m’a dit que vous étiez un type assez spécial de fougère, je m’attendais à un individu mi-femme, mi-plante, fit Halks, songeur.

- Les apparences sont parfois trompeuses, affirma Lyane avec un grand sourire. »

Morgwen, qui avait récupéré la place d’Ellie, marmonna :

« C’est le cas de le dire. Ne jamais faire confiance à l’apparence des gens. »

Kingsley fit fi de l’interruption, et enchaîna les questions :

« Bien, où étiez-vous au moment du meurtre ? Avec qui ? Ou plutôt, dites nous ce que vous avez fait après la séparation de votre groupe ?

- Et bien, commença Lyane, comme Angel et Morgwen, j’étais moi aussi déçue que mon cobaye préféré ne soit pas à Poudlard…

- Votre cobaye ? Releva Halks, surpris.

- Oui, Remus Lupin. Avec les autres FARLAI, on lui livre un culte, et on organise parfois des réunions sataniques dans le but de le ressusciter ou de le rajeunir. Ou vieillir, selon le gout de la FARLAI organisatrice. On ne réussit pas toujours, parce que les membres de la BC nous embêtent souvent et font foirer nos expériences. Mais quand ça réussit, on le badigeonne de miel et il ne reste pas prude bien longtemps. J’adore quand il rougit, avoua Lyane avec un petit rire. »

Les deux aurors la fixaient, choqués. C’était complètement immonde de ressusciter quelqu’un dans le but de coucher avec !

« Oh, ne faites pas les mijaurées, soupira Morgwen. Elle ne vous a pas encore décrit tout ce que nous lui faisons subir. Dernièrement, un club masochiste s’est installé dans le forum, et une partie de nos membres en font partie. Ca rend les choses bien plus intéressantes, si vous voyez ce que je veux dire, acheva-t-elle avec un sourire entendu.

- Je ne veux rien savoir ! La stoppa Kingsley, les yeux fermés et les mains posées sur ses oreilles. »

Voyant l’état pitoyable qui secouait son chef, Halks prit la direction de l’interrogatoire.

« Alors vous avez quitté le groupe, et vous êtes partie. Où ? Avec qui ? Pourquoi ?

- Mon nom de fougère veut tout dire. En ce moment, mes tentacules restent sous ma robe, où vous ne pouvez les voir. Mais à l’idée qu’une serre aussi grande soit à quelques pas de cet endroit, elles se sont affolées, hier. Je n’avais pas trop envie qu’elles aillent câliner tout le monde -en particulier Dumbledore. Il laisse sur mes tentacules une désagréable odeur de vieux moisi-, alors j’ai cédé à leurs désirs, et je suis allée visiter les serres, et dire bonjour à la tentacula vénéneuse. En sortant de la salle, Vifdor, qui voulait voir aussi le parc, m’a accompagnée. On a discuté un moment, puis on s’est séparés peu avant l’entrée des serres, moi continuant ma route, lui partant vers la Forêt. J’ai eu là peine le temps de faire une serre avant qu’Ellie ne me rejoigne. Elle a débarqué en courant -elle s’est par la même occasion littéralement étalée au sol. Elle n’est vraiment pas douée pour une blonde.- hurlant mon nom d’un air hystérique, peut-être légèrement affolé. Elle était complètement explosée de rire en se relevant, ne me demandez pas pourquoi, je ne suis pas capable de deviner ce qu’il se cache dans la tête de notre chère Canadienne. Elle riait tellement qu’elle a énervé plusieurs plantes. Heureusement que l’amour de mes tentacules ont su les calmer. Après deux grosses heures à discuter avec quelques mandragores et un filet du diable, qui étaient très contents d’avoir de la compagnie, souvent gênée par les commentaires ahurissants d’Ellie, on est retourné vers le château. C’est en entrant dans le Hall qu’on a appris la nouvelle : une jeune fille de Gryffondor pleurait en racontant cette horrible histoire. On a aussitôt pris la direction de la salle. »

Lyane eut un instant de réflexion, puis conclut :

« Voilà, je crois que je vous ai tout dit.

- Si jamais un autre détail vous revient, passez nous voir, n’est-ce pas ? L’intima Shacklebolt. »

Quand la porte se referma sur la jeune fille, qui sifflotait tranquillement, Halks donna un coup de coude à son chef, et murmura, effaré :

« Pourquoi vous lui avez demandé de revenir ? Elle est complètement tarée !

- Elle peut nous fournir des éléments ! Se justifia l’auror.

- Et alors ? Elle et ses tentacules qui parlent aux plantes… Il faudrait peut-être l’interner à Sainte Mangouste…

- Hum hum, fit Morgwen, rappelant aux deux hommes qu’elle était là, elle-aussi. Je vous signale que c’est mon amie, alors fermez-là.

- Et elle ne vous fait pas peur ? L’interrogea Kingsley, curieux. »

Un intense regard noir le fit se recroqueviller sur son siège, et demander d’une voix tremblante le prochain suspect.

*****

 

Vifdor, aurait été proche des lieux du crime.

 

« Votre amie, Lyane, nous a raconté le début de votre parcours, après l’éparpillement des suspects, commença Kingsley. Vous seriez parti avec elle. Est-ce vrai ? Si oui, qu’avez-vous fait ? Et après votre séparation ?

- Oui, c’est vrai, Mr l’auror. On a fait un bout de chemin ensemble, discutant principalement de notre étrange arrivée. A mi-chemin des serres, je l’ai laissée, et je suis parti vers la Forêt interdite.

- La Forêt interdite ? Répéta Kingsley, fort intéressé. Et pourquoi ?

- Et bien, j’avais entendu dire que les abords n’étaient pas si dangereux… Et puis, la Forêt est assez… mystique, vous ne trouvez pas ? J’aime bien marcher le long des limites. Aller dans la Forêt, c’est se donner un air aventurier, un peu insolent… Sans toutefois prendre trop de risques. Assez pour se sentir exalté, l’adrénaline revigorant son sang, mais sans être suicidaire… Le juste milieu, en somme.

- Aller dans la Forêt, c’est suicidaire, affirma Halks, les sourcils froncés.

- Certes. Rester dans les abords, en revanche, non, rétorqua Vifdor.

- Et…

- Là n’est pas la question, trancha Shacklebolt en fronçant les sourcils. Votre problème, c’est votre proximité du lieu du crime. Je vais commencer par vous demander franchement : est-ce vous qui avez tué Minerva McGonagall ?

- Non ! s’écria Vifdor, ulcéré. Pourquoi aurai-je fait une chose pareille ? En revanche, je pense pouvoir vous donner des informations…

- Eh bien, qu’attendez-vous ? Parlez ! s’exclama Halks, exaspéré.

- Votre prix pour les infos, c’est quoi ? demanda le jeune homme, un sourire aux lèvres.

- Comment ?! s’exclama Halks. Savez-vous que vous faites ainsi obstacle à la justice, ce qui est un délit ?

- Oh, c’est bon, c’est bon… Soupira Vifdor. Je blaguais…

- Et bien, sachez que vos blagues sont complètement inconvenantes !

- Mon cher, c’est si drôle de vous énerver, avoua Vif, à la limite du fou-rire.

- Je ne vous…

- HALKS ! »

Au cri de son chef, l’auror se tut. Boudeur, il croisa les bras, et assista au reste de l’interrogatoire comme figurant.

« Bien, vous disiez donc savoir quelque chose qui puisse nous être utile…

- En effet. Peu après mon entrée dans la Forêt, j’ai entendu des voix.

- Schizophrène, en plus, renfila Halks avec dédain.

- Des personnes se disputaient, continua Vifdor, sans prendre en compte l’interruption de l’auror. Etonné, et curieux, je me suis enfoncé dans les bois, me dirigeant vers la dispute. Puis il y a eu des cris, des bruits de coups. C’est fou la portée qu’ont les sons dans cette Forêt. Ca tient sûrement de son côté magique. J’ai couru aussi vite que possible vers la lutte, mais je ne suis pas rapide, et elle se déroulait plus loin que ce que je pensais. Avant même que j’y arrive, c’était terminé. Je n’ai qu’à peine aperçu le corps, caché parmi les broussailles. Mais une personne se tenait près de la forme étendue à terre, et restait immobile. Lorsqu’elle m’a entendu approcher, elle a pris la fuite. Je n’ai jamais réussi à la rattraper. Je sais qu’elle s’est dirigée vers la lisière de la Forêt, mais quand j’y suis arrivé, il n’y avait plus personne. Alors j’ai essayé de retrouver le chemin vers le corps -j’ai mis plus d’une heure à y retourner, mon sens de l’orientation durement éprouvé par les bois-. Il ne m’a pas fallu longtemps pour comprendre que la personne était morte. Si défigurée que je ne l’ai pas reconnue. Voyant que je ne pouvais rien faire, je suis retourné au château, afin de prévenir le professeur Dumbledore.

- Et vous n’avez rencontré personne en chemin ?

- Personne en particulier… Enfin, non, j’ai tort. J’ai vu Asuka Black entrer dans le château, peu avant moi. Je l’ai appelée, et elle m’a attendue. Ce qui m’a étonné tout d‘abord, c’est l’absence de regards furibonds. Et puis elle n’a pas cherché à reparler de son envie de rester ici. En fait, elle semblait même un peu effrayée par le château. Puis j’ai remarqué ses bras couverts d’égratignures. Elle m’a jurée être tombée dans le parc, mais son regard sonnait faux.

- Vous pensez que c’est elle ?

- Je ne sais pas, Mr Shacklebolt, avoua Vifdor. Elle n’a pas l’air si méchante ! Et de la cruauté, il en faudrait beaucoup pour tuer ainsi…

- Et ?

- Et ça me répugne de savoir que l’un d’entre nous est probablement le coupable de ce crime atroce. C’est… Horrible, voilà tout. »

Kingsley hocha la tête, pensif. Il nota encore deux trois trucs dans son carnet, puis congédia le jeune homme.

*****

 

Asuka Black. Suspect n°1

 

La jeune fille pâlit en entrant dans la pièce. Le comité d‘accueil était plus lourd et plus sérieux que lors des précédents interrogatoires, et ça ne présageait rien de bon pour elle. En plus des deux aurors habituels, deux autres se tenaient dans la pièce, debout près du mur, et le professeur Rogue était assis à côté de Shacklebolt.

« Vous avez été vue près de la Forêt. »

L’interrogatoire commençait fort. Pas de questions préliminaires, juste une affirmation, mettant largement en doute son innocence présumée.

« Non ! Je n’y suis pas allée ! déclara Asuka, pâle.

- Ne niez pas. Quelqu’un vous a vu.

- Et bien cette personne s’est trompée ! Ce n’était pas moi ! Je ne suis pas allée dans la Forêt ! Je vous le jure ! Je n’ai pas tué Minerva McGonagall !

- Elle ment. »

La voix de Rogue claqua, dure et froide.

« Vous connaissez peut-être le professeur Rogue, présenta Shacklebolt. Savez-vous qu’il a la particularité de maitriser parfaitement la légilimencie ? Si vous ne savez pas ce que c’est, il s’agit de…

- Je sais ce que c’est, le coupa-t-elle. Mais il me semblait que ce n’était pas légal d’utiliser la légilimencie sur des suspects.

- Ca ne l’est pas, en effet, ricana Rogue. Mais Minerva était réellement appréciée dans cette école, et tous ces aurors présents sont prêts à mentir pour trouver son meurtrier. Et il nous suffit d’un petit sort pour vous empêcher de tout raconter… Alors, dites nous tout. Pourquoi l’avez-vous tuée ? Que lui reprochiez-vous ?

- Je ne l’ai pas tuée !

- Vous étiez dans la forêt.

- Et alors ? Ca ne fait pas de moi la coupable ! »

Asuka glissa son visage entre ses mains en s’apercevant de l’erreur qu’elle venait de commettre.

« Vous étiez dans la forêt, et le coupable s’en est enfui en courant. Quelle drôle de coïncidence, n’est-ce pas ? Insinua Kingsley.

- Le coupable s’est enfui de la forêt en courant ? Répéta la jeune fille, abasourdie.

- Vous ne le saviez pas, peut-être, fit Rogue, sarcastique.

- Non ! Mais ça change tout ! »

Elle eut une pause, puis marmonna doucement :

« Par tous les saints ! J’ai passé tout ce temps à côté d’une meurtrière…

- Ce n’est pas vous, alors ? Répéta Halks, les yeux ronds.

- Ne la croyez pas, rétorqua Rogue, elle cherche à nous embobiner.

- Je sais qui est le meurtrier. Ou plutôt la meurtrière. Lorsque je suis entrée dans la Forêt, je n’ai pas eu le temps de faire 100 mètres avant qu’une personne ne déboule sur moi, me renversant par la même occasion. Je suis tombée près d’un arbre, et ma tête s’est claquée contre un rocher. J’ai perdu connaissance, pendant au moins une heure, d’après ma montre.

- Vous pouvez nous dire de qui il s’agit ?

- Mieux encore, je peux vous le montrer. »

*****

 

Lorsqu’ils entrèrent tous quatre dans la salle où tous les suspects étaient rassemblés, le silence se fit brusquement. Tous fixaient avec angoisse les nouveaux arrivants, persuadés qu’on allait leur annoncer le nom du coupable.

« Alors, qui est-ce ? Demanda Shacklebolt, dévisageant les occupants. »

Asuka pointa un bras tremblant vers une personne, et ferma les yeux en annonçant :

« C’est elle. La meurtrière de Minerva McGonagall. »

Tous fixèrent le doigt brandi, puis la personne qu’il désignait. Un exclamation de stupeur franchit les lèvres des autres suspects :

« Ellie ?!

- La folle dingue ? Fit Halks, prêt à tomber au sol.

- Non ! C’est impossible ! S’écria Angel, les yeux ronds comme des soucoupes.

- C’est elle qui m’a poussée dans la Forêt, affirma Asuka, les yeux brillant de haine. C’est elle qui courrait. C’est elle la meurtrière. »

La jeune Canadienne pâlit, et voulut reculer, se retrouvant acculée contre le mur. Elle chercha à balbutier quelques mots, mais seul un rire sinistre franchit ses lèvres, alors que ses yeux examinaient stupéfaits ce bras tendu vers elle, comme si elle ne pouvait croire la scène qui se déroulait devant elle. Affolée, angoissée même, elle ne comprenait son malheur, sa mâchoire tremblante, sa tête secouée violemment en signe de négation, et ce rire toujours suspendu à ses lèvres. Lorsqu’elle se rendit compte que ce bruit incongru venait d’elle, elle referma la bouche, et son regard se posa alors sur une autre personne, comme suppliante d’un pardon ou d’une sentence atténuée.

C’est en voyant cela, comme les aurors s’apprêtaient à s’emparer de la meurtrière, que Persis, une autre suspecte, écoutant son grand cœur et sa logique implacable, s’écria :

« Non ! Arrêtez ! »

Tous se tournèrent vers elle, dans l’attente de ses paroles.

« Pourquoi… Pourquoi aurait-elle fait cela ?

- Il ne faut pas de raisons à une folle furieuse pour assouvir ses passions sanguinaires, claqua Halks, en raffermissant sa prise sur la jeune fille dans une grimace de dégoût.

- Ellie ? Une folle furieuse ? Elle ne ferait jamais de mal à une mouche ! Protesta Angel.

- Et bien, il fallait croire qu’elle en était capable, puisque la mouche pèse plus de 60 kilogrammes. Et le profil de folle furieuse sadique aux pulsions perverses correspond tout à fait à sa réaction face à l’annonce de sa culpabilité prouvée ! Rétorqua Kingsley.

- Vous parlez de son rire ? Répéta Persis, ulcérée. Mais ouvrez les yeux, saperlipopette ! Ne gardez pas que ce qui vous conforme dans votre idée ! Elle rit ? Qui a vu qu’elle riait ? Ce rire forcé, presque sorti de sa bouche contre sa volonté, est-ce le sien ? Et ses pupilles affolées, sa tête qui dit « non, ce n’est pas moi ! », sa panique en s’apercevant que le seul son qu’elle puisse faire est ce rire ignoble et honteux ? Tout son corps hurle qu’elle n’est pas la coupable. Seulement la mauvaise personne au mauvais moment.

- Il y a des témoins. Ces personnes l’ont vue fuir le corps, argua Halks, désignant Vifdor et Asuka. Même Lyane, la fille aux fougères, a dit que son amie était arrivée en courant, essoufflée et hystérique.

- Elle riait ! Le coupa la susnommée. Elle riait sans raison, comme maintenant. Elle riait, comme si c’était le seul moyen de communiquer. Elle riait… Alors qu’elle voulait hurler.

- Un sort ! S’écria Persis. Cela serait possible, non ? Un sort l’empêchant de tout dévoiler ! Elle rirait alors dès qu’elle chercherait à dénoncer le coupable ! Et elle serait coincée avec son rire, impuissante, privée de son droit le plus humain, assistant à son arrestation sans moyen de se défendre… Connaissant tout du coupable, dont elle a probablement vu le visage, mais ne pouvant qu’envoyer des regards accusateurs et meurtris, dévisageant cet assassin à cause duquel elle paierait de sa vie un crime qu’elle n’a pas commis. Quel sort cruel !

- Vos fadaises ne sont guère vraisemblables, fit remarquer le chef des aurors. Vous pouvez chercher à défendre votre amie, mais ce ne sont guère de telles stupidités qui la sauveront du baiser du détraqueur.

- Parce que l’hypothèse qu’une simple moldue dans une forêt ait pu tuer, que dis-je, pulvériser l’une des meilleures sorcières de l’Ecosse alors que celle-ci était armée de sa baguette vous semble-t-elle plus plausible, peut-être ? Suggéra Persis, dévisageant fermement ses interlocuteurs. »

Kingsley, dérouté, passa une main lasse contre son front. De son côté, Halks resserra sa prise sur Ellie, dont les yeux suppliants et désespérés étaient toujours tournés vers celle qui lui donnait un espoir de survie.

« Bon, très bien, soupira Shacklebolt. Admettons que vous avez raison.

- Vérifier l’hypothèse du sort euphorisant est-il compliqué, professeur Rogue ? Questionna Persis, les sourcils froncés.

- Non, bien sûr, siffla l’homme avec un reniflement de dédain.

- Eh bien, qu’attendez-vous donc ? Rétorqua Angel, méprisante. »

L’homme pointa sa baguette vers Ellie, qui frissonna, avant que le rire ne se remette à résonner dans la pièce. Après quelques sortilèges, exécutés avec une facilité impressionnante par le professeur de potions, tous durent admettre que la jeune fille était bien victime d’un maléfice. Lequel, nul ne savait. Un auror fut donc envoyé avec la jeune fille pour retrouver Mme Pomfresh, qui était la plus apte à rendre à Ellie son état normal, afin qu’elle puisse être interrogée (et dévoiler ses secrets) le plus rapidement possible. En attendant des résultats concluants, il fallait retourner à l’enquête, aux interrogatoires. La possibilité que la jeune fille ne connaisse pas le nom du criminel avait effleuré nombre d’esprits, et connaître les tenants et les aboutissants de cette affaire se révèlerait à coups sûrs essentiel.

N’ayant pas la moindre idée d’un quelconque sorcier ayant pu s’en prendre à Minerva McGonagall, Kingsley continua d’interroger les arrivants moldus, afin de découvrir s’ils avaient assisté à quelque chose pouvant les mettre sur une piste. L’auror pensait en effet que si l’on reconstituait avec précision l’emploi du temps de la sorcière, il pourrait découvrir le mobile du crime, s’il y en avait un.

Ainsi, après un certain nombre d’interrogatoires de personnes diverses et variées (professeurs, étrangers moldus, élèves…), il apprit que Minerva était partie des cachots jusqu’au parc, l’air passablement énervé. Jérémie et Nyctalope, deux des arrivants, l’avaient vue traverser la Grande Salle de Poudlard, et discuter avec Nick Quasi-Sans-Tête -ce dernier l’avait consolée d’un chagrin dont il ne connaissait pas la cause- ; un certain Whitewolf -l‘homme qui avait séparé les assaillantes au début de l‘enquête-, qui se promenait avec la jeune et prometteuse Hermione Granger, l’avait aperçue dans le parc près de deux de ses amies ; ses dernières, Taka et Anwanamë -celle qui avait éclaté en sanglots à l’annonce de la mort du professeur McGonagall- avaient avoué en rougissant l’avoir surprise dans des circonstances assez honteuses. En effet l’aînée, Taka, avait vu quelques mètres plus loin un joli chat au pelage roux tigré. Sa passion pour ces animaux l’avait poussée à se précipiter sur celui-ci pour le prendre dans ses bras, en murmurant des compliments. Lorsqu’à peine deux secondes plus tard, après s’être échappé des bras de la jeune fille, le chat s’était transformé en une Minerva révoltée, les deux pauvres amies n’avaient pu que balbutier des excuses, et étaient restées tétanisées en observant la femme s’éloigner d’un pas vif.

Comprenant qu’il n’apprendrait plus rien s’il se concentrait sur son voyage dans le parc, Kingsley s’intéressa un peu plus aux raisons de son énervement et de son chagrin, ainsi qu’à son étrange passage dans les cachots.

En interrogeant Persis et Haylie Blake, deux membres essentiels de la For Us (4S équivalant à Severus Snape Sarcasm Society, le fan club Hpfien du très aimé professeur Rogue), il découvrit que c’était chez ce dernier qu’elle était, moins d’une heure avant sa mort. En effet, les deux amies, alors qu’elles voulaient rencontrer leur idole, s’étaient stoppées juste avant de frapper à la porte du bureau du professeur, comme elles avaient entendu de brusques éclats de voix. Elles ne mirent pas longtemps à comprendre qu’il s’agissait d’une dispute entre Rogue et un autre protagoniste, une femme plus précisément. Elles n’avaient pu saisir le sujet du conflit, malgré leurs oreilles collées à la porte, et n’avaient qu’eu le temps de se cacher dans un placard avant que l’interlocuteur du professeur de potion ne sorte. Grâce à un léger coup d’œil par le trou de la serrure, Haylie avait pu reconnaître le profil de Minerva McGonagall.

Il s’agissait donc désormais de découvrir si cette scène pouvait être en relation avec la triste fin de Minerva McGonagall.

*****

 

Interrogatoire n°265

Severus Rogue

 

« Des témoins vous ont entendu les bruits d’une violente dispute entre vous et Minerva McGonagall, commença Kingsley, très calme. Pourquoi ne nous avez-vous pas dit plus tôt que vous l’aviez vu peu avant son meurtre ? Quel était l’objet de cette altercation ?

.- Il me semblait que ça ne concernait pas l’enquête, rétorqua le professeur Rogue, pâle. C’était personnel, et ça n’intervenait pas dans cette histoire, vu que je ne l’ai pas tuée.

- Ca, c’est vous qui le dites, insinua Halks. Et pourquoi cette dispute ? Qu’avez-vous fait ou dit qui puisse la mettre si en colère ?

- C’est extrêmement personnel, alors je souhaiterais que rien ne sorte de cette salle.

- Si vous êtes coupable, on ne compte pas vous épargner quelques désagréments. S’il faut passer par l’annonce de ce qu’il se dit ici, ce sera fait.

- Mais comme je ne suis pas coupable, vous ne direz rien.

- Cela, c’est à vous de nous le prouver, conclut Shacklebolt. Alors, l’objet de cette scène ?

- Minerva et moi, nous sommes sortis ensemble ces derniers mois.

- Sortis, sortis ?! Comme un couple ? Répéta Halks, interloqué.

- Comment voulez-vous que ce soit, le coupa sèchement Rogue.

- Oh, non, rien, fit le jeune auror, cachant dans son col son fou-rire provoqué par la vision d’un Rogue et d’une McGonagall enlacés.

- Bref, poursuivit le professeur, nous sommes sortis ensemble, mais j’ai rompu il y a deux jours. Je l’ai évitée durant tout ce temps, mais elle a réussi à me coincer dans mon bureau peu avant sa mort, pour me dire ses quatre vérités. Elle ne comprenait en effet pas pourquoi nous nous étions séparés, et cherchait à me ramener à la raison, selon elle.

- C’est vrai cela, pourquoi ? L’interrogea Kingsley, galvanisé à l’idée d’apprendre quelque chose de plus futile que le nom du meurtrier fou d’une sorcière aimée et reconnue.

- Cela, en tous cas, ne vous regarde absolument pas, riposta Rogue. Sachez juste que nous nous sommes disputés pour cela, qu’elle est partie furieuse, et que peu de temps après je quittais à mon tour mon bureau.

- Pourquoi cela ? Vous n’avez pas conversé avec les deux filles qui voulaient vous voir ?

- Bien sûr -je ne refuse jamais de discuter avec des personnes attirées par l’art noble qu’est la réalisation de potions-, mais je les ai vite laissées pour partir chez le professeur Dumbledore. Ne me demandez pas non plus pourquoi je raconte mes peines de cœur à une personne telle qu’Albus, détenteur de l’Ordre de Merlin première classe et Directeur de l’Ecole de Sorcellerie la plus célèbre du Royaume-Uni, à savoir Poudlard, je n’en ai pas la moindre idée. Ou celle que j’ai relève aussi du cadre personnel, et ne nécessite pas d’être divulguée. Ou si vous préférez, imaginez que des histoires telles que celles-ci doivent émoustiller les sens romanesques de ce cher vieil homme. Quoi qu’il en soit, je n’ai même pas pu converser avec lui, n’étant pas dans son bureau lorsque j’y suis arrivé. Et lorsque je l’ai revu, il m’a appris la nouvelle de l’assassinat de Minerva, conclut Severus d’un visage sombre.

- Ce que je retiens de tout cela, et c’est fort malheureux pour vous, c’est que vous n’avez absolument aucun alibi lors du meurtre de votre chère Minerva. Vous pourriez très bien l’avoir tuée pour une raison X ou Y.

- Malheureusement pour votre enquête, et heureusement pour moi, j’ai bien croisé plusieurs personnes aux alentours du bureau du Directeur, à l’horaire correspondant au meurtre de Minerva. Vous pouvez les interroger, ils vous diront cela aussi bien que moi.

- Qui sont ces personnes ? Le questionna Halks, notant ces informations sur son carnet.

- Les jumeaux Weasley ainsi que deux des étrangers. Deux jeunes filles, des certaines Lilith et Flammèche il me semble.

- Très bien, professeur Rogue, acheva Kingsley, partant immédiatement vérifier les affirmations du suspect. »

En effet, le professeur n’avait pas menti. Les deux amies l’avait bien croisé près du bureau du professeur Dumbledore. Lorsqu’il s’était aperçu de l’absence du Directeur, il s’était renseigné auprès des jeunes filles pour savoir si elles l‘avaient vu, et depuis combien de temps il était sorti de son bureau, après un regard noir et menaçant aux jumeaux Weasley, prêts à utiliser le professeur comme testeur de farces et attrapes. Lilith dut lui avouer qu’elle n’en savait strictement rien, et s’attendait à voir repartir Rogue dans sa tanière aussi vite qu’il en était sorti ; mais le professeur ne les quitta pas pour autant, entamant avec les frères Weasley une conversation bien étrange (dans laquelle on mélangeait farces, potions, et recherches de nouveautés), lorsqu’on savait à quel point il était sarcastique et sadique avec ses élèves, au point qu’ils le détestaient bien volontiers. Kingsley repérait derrière cette attitude étrange un besoin de parler avec quelqu’un, de rire quelque peu. Certes, aucun sourire ne franchit la bouche de sa Seigneurie des Cachots, mais un Rogue souriant est un Rogue ivre.

De cet interrogatoire, ainsi que de celui de Fred et George Weasley et de Flammèche, Kingsley en conclut que le professeur Rogue ne pouvait être coupable, possédant un alibi incontestable. Mais quelque chose, dans les réponses des jeunes gens, l’avait choqué. Un détail qui, bien qu’insignifiant, prenait une toute autre dimension lorsqu’il était mis en relation avec d’autres informations récupérées dans d’autres interrogatoires. Avec cette piste, Kingsley pensait avoir vu juste. Pour son plus grand soulagement, il ne lui fallut pas longtemps pour vérifier son hypothèse. Dès lors, il rappela ses aurors, et leur apprit la grande nouvelle : il connaissait le coupable.

Dans un coin du château, un meurtrier eut l’impression l’espace d’un instant que sa cachette avait été découverte. Après quelques instants d‘intense réflexion, il repoussa cette crainte, certain d‘être parfaitement en sécurité. Le rire sinistre qui sortait de sa bouche était en tous points semblable à celui qui avait tant traumatisé la jeune Ellie.

*****

 

Lorsque la jeune Anwanamë entra dans la pièce dans laquelle elle et ses amis avaient tous atterris, presque deux jours plus tôt, elle ne put que se tordre les mains avec angoisse. Même en sachant parfaitement qu’elle n’avait rien à se reprocher, que ses doigts n’avaient pas été souillés du sang de cette pauvre Minerva McGonagall, elle fut parcourue d’un long frisson de crainte en s’apercevant de la quantité phénoménale d’aurors prêts à attraper le coupable en pleine fuite. Et, d’une certaine manière, elle se sentait coupable. Nulle part dans les livres il n’était écrit que la professeur de Métamorphose mourrait assassinée dans d’atroces conditions lors de la cinquième année du jeune et célèbre Harry Potter. Et si leur arrivée avait poussé l’assassin à agir ?

Anwanamë fila directement vers l’une des chaises assemblées dans la salle, avant que ses jambes ne cèdent sous elle. De toute façon, sa question était complètement idiote, puisque sans eux, Minerva n’était pas morte, et avec eux, elle l’était. Alors, quoi que dise désormais l’auror Kingsley Shacklebolt, elle se considérait tout autant coupable que l’assassin, qu’importe ce que pourra lui rétorquer son amie Taka.

Le chef des aurors se racla la gorge, demandant ainsi le silence aux nombreuses personnes présentes dans la pièce (à savoir aurors, corps professoral, divers étudiants plus ou moins liés à l’Affaire, ainsi que, bien entendu, les étranges arrivants). Il lui fallut un temps infiniment long, d’après Anwa qui tentait désespérément de calmer ses nerfs sur le point de lâcher, avant de commencer ses explications.

« Comme vous pouvez le deviner, je vous ai fait rassembler ici pour vous dévoiler toute la vérité sur cette sombre affaire. Depuis quelques minutes à peine, je connais l’identité du coupable. »

A ces mots, un brouhaha intense emplit la salle, chacun cherchant dans son voisin une trace de culpabilité, mais le meurtrier, bien caché, ne se dévoila pas.

« Il y a une personne que nombre d’entre vous ont vue. Vous l’avez croisée, l’avez saluée, n’avez même pas paru étonnés de la voir suivre le même chemin que notre regrettée Minerva, et en revenir vivante. Vous l’auriez retenue, et Minera serait vivante. Vous ne lui auriez pas donné cette occasion qu’elle cherchait tant, et nous ne serions pas réunis ici. »

Il contempla la foule d’un air grave, accusateur. Sachant à quel point tous attendaient des explications, il continua :

« Vous le savez tous, dans cette affaire, nos soupçons se sont d’abord tournés vers ces étrangers, ces moldus venus d’on ne sait où. Après diverses révélations, nous en avions conclu que la jeune Ellie était coupable. Rapidement, il s’est avéré que cette hypothèse ne pouvait être la bonne, cela grâce aux bonnes idées de cette chère Persis. »

La susnommée hocha la tête avec appréhension, presque sûre que l’identité du coupable n’allait pas lui plaire…

« Il nous a fallu tout reprendre depuis le début, et interroger une bonne partie des élèves de Poudlard. Un tâche colossale, en somme. Une nouvelle piste, avec un suspect provenant du corps professoral, Severus Rogue, mais rapidement démentie par l’alibi certifié et prouvé qu’il possédait : il avait en effet passé un certain temps avec quelques uns de ses élèves ainsi qu’avec deux des moldus. »

Haylie Blake, Persis, Anwanamë et d’autres membres de la For Us poussèrent un soupir de soulagement en apprenant que leur personnage préféré n’était nullement un meurtrier -enfin, pas celui de cette femme, au moins-.

« Comprenant que l’une de mes dernières hypothèses venait d’être dissoute, j’ai alors décidé de réexaminer la totalité des documents obtenus lors des interrogatoires. J’ai vite eu l’impression de tourner en rond, jusqu’à ce que je tombe sur un interrogatoire bien particulier, celui de votre chère Dictatrice Angel_of_Shadows. Et puis là, à cet instant précis, j’ai eu une illumination. Une illumination monstrueuse, même. Pour ne pas à nouveau emmener quelqu’un d’innocent, j’ai fait des recherches, j’ai relu certains interrogatoires, et je me suis souvenu de ce qu’avait dit cette chère Lilith. Il y a une personne, dans ce château, qui a été mise au courant de la querelle entre Severus et notre regrettée Minerva. Cette personne, furieuse car jalouse de l’intérêt porté par Mrs McGonagall envers Mr Rogue, est alors sortie de son bureau afin de suivre la pauvre femme, que ses déambulations avaient menée aux abords de la Forêt interdite. Et c’est là qu’elle a été tuée.

- Mais dites ce nom, enfin ! S’écria Anwanamë, complètement à bout, sur le point de piquer une crise de nerfs. »

Les regards se tournèrent vers elle avec stupéfaction, et la jeune fille se rassit sur sa chaise, rougissante.

« Aurors, emparez-vous de lui ! S’écria Kingsley Shacklebolt, le doigt pointé dans une direction bien précise. »

Des hoquets de stupeur s’élevèrent dans la salle, puis des cris de terreur, comme l’assassin cherchait à s’échapper. Les aurors, qui avaient été au préalable prévenus, et avaient pris leurs précautions, réussirent à récupérer la baguette de l’homme le plus influent du monde sorcier, avant de l’immobiliser. Sans plus de détours, il finit à Azkaban, comme tous les autres criminels passés avant lui.

Alors là, à cet instant précis, alors que tous contemplaient stupéfaits la place désormais vide, Anwanamë éclata en sanglots, comme tous ses idéaux se brisaient.

Albus Dumbledore était le meurtrier de Minerva McGonagall.

*****

Quelques heures plus tard, un Harry Potter dont le monde venait d’être bouleversé demandait des explications au chef des Aurors. L’homme ne put que lui parler d’un crime passionnel, et d’une exposition trop fréquente à la Magie Noire qui aurait rendu l’ex-Directeur de Poudlard fou. Kingsley regarda sombrement le jeune garçon retourner auprès des siens, et espéra naïvement que la vie reprendrait son cours pour tous. Il eut alors la surprise de voir Halks se diriger vers lui.

« Que veux-tu, Halks ? L’interrogea-t-il, étonné et curieux.

- Rien, chef, autre que vous annoncer le départ de ces jeunes moldus.

- Oh… Tant mieux pour eux, dirons-nous. Ils nous ont été tout de même d’une grande aide…

- C’est sûr… »

Une pointe d’amertume transparaissait dans sa voix, et Kingsley n’eut pas besoin de voir le visage de son coéquipier pour comprendre que quelque chose n’allait pas.

« Mais ?

- Mais ils sont partis… Aussi soudainement qu’ils sont arrivés. Ils étaient là, et puis soudain, pouf ! Plus rien. »

A ces mots, le chef des aurors comprit le tourment qui traversait son ami. Il soupira :

« Oh… Et vous êtes triste pour… ? Oh, je comprends. Je suis désolé.

- Ce n’est rien, chef.

- Je suis sûr que, pas si loin d’ici, une jeune femme soupire devant son écran d’ornidetar en pensant à vous.

- Ordinateur.

- Oui, c’est cela, Halks. »

THE END

*****

C'est long, hein ? Je ne vous avez même pas prévenus, quelle vilaine ! J'espère que vous avez apprécié =) (Et dites vous qu'il m'a fallu plus de 3 mois pour écrire les 8500 mots de ce texte. TT)

07 décembre 2009

Two Wings and a half Baby

(Ce post aurait pu très bien s'appeler La Polémique du Surnom. Un blablabla made in Sawyn, so.)

J'ai toujours râlé quand des personnes sur le forum m'appelaient LLB, pour raccourcir mon surnom. LaLouisaBlack est un surnom que j'ai mis des heures à trouver, et dont j'étais très fière. Il donne un petit côté exotique à mon prénom (en remplaçant le -e final par un -a), et m'associe à mon chéri (Sirius, pour les incultes ♥). Le la- initial m'affirme comme unique xD. Bon, c'est snob, dit comme ça, mais je précise que j'ai un clone de moi (ma zumelle) à 4 m de moi en ce moment même.

J'ai toujours détesté qu'on me nomme Lou, parce qu'obligatoirement ça finissait par rendre Loulou (et là, j'imaginais avoir une tête de lupiot tout mignon qu'on appellerait avec une main tendue), alors me limiter à trois petites majuscules, trop formelles et strictes, non, c'était impossible ! Alors, histoire de montrer que même un lupiot sait mordre, j'ai cherché une raison valable pour exprimer mon dégoût. Ce ne fut pas bien dur, j'avoue. Un coup de LLB tapé sur Google, et je tombais sur la page d'accueil de la Ligue pour la Lecture de la Bible, aussi surnommé LLB. Alors il m'a suffit de préciser, à chaque fois que l'on m'appelait LLB, que je n'aimais pas être assimilée à un club religieux (avec un joli lien à la clef), pour que l'on cesse cet infâme outrage (bon, j'exagère peut-être un petit peu. Un tout petit peu, hein.).

Bon, cette maneouvre, si elle a eu l'avantage de faire taire certains LLB prononcés impunément, n'a pas claqué le bec de certaines jeunes filles. Et je ne vise personne, hein xD Alors ma chère amie Taka Teutère a continué à me surnommer ainsi, jusqu'à ce que ses deux neurones surexités se connectent merveilleusement entre eux. Et ce jour-là, elle a créé le plus beau surnom qu'il m'ait été permis de porter.

Two Wings and a half-Baby. Pour ceux dont la fibre artistique n'est pas réveillée à cette heure, je vous fais une petite traduction : Le "Two Wings", qui signifie Deux Ailes, évoque naturellement ce LL ; et la "half-Baby", ou demi-bébé, sépare ce Bébé en deux pour ne former qu'un seul B, mon B. (Parce que oui, avec ce surnom, je deviens poétique.)

Et alors que ma chère amie pensait me faire enrager, ma réaction a été inverse : désormais, je vénère ce surnom un tant soit peu recherché, le seul qu'on m'ait donné à ce jour et que j'aime. C'est pour cela que je lui dédie ce post, tout en faisant un incroyable et énorme câlin de Sawyn baveuse. Parce que même les blablabla ont un but.

Je t'aime Taka ♥

=)

30 novembre 2009

Novembre 2009

Vous savez quoi ? Depuis fin août, je me suis créé un joli tableau de statistiques, histoire de réguler mon écriture fanfictionnelle, et de me motiver (car voir des blancs dans le tableau durant plus d'une semaine, non seulement ça me déprime, mais en plus ça me fait un total au mois pourri).

Mon but, au départ, était d'avoisiner les 250 mots par jour. En voyant à quel point c'était impossible pour moi, j'ai baissé cette norme afin d'arriver à 150 mots par jour. Depuis le début de ces tableaux de stats, jamais je n'avais atteint cette moyenne (qui correspond à 4500 mots par mois, ce qui fait à peine à un chapitre TT). Et bien, je peux d'ors et déjà vous annoncer que, non seulement cette moyenne est atteinte, mais qu'en plus elle est dépassée ! (Pas de grand chose, certes, à peine 92 mots. Mais c'est déjà ça !) Youhouh ! Et en plus, à même pas 3 heures de la dâte limite, j'ai réussi à finir cet OS concours qui me tenait tant à coeur (et qui m'a bouffé 3 mois d'écriture, tout de même). Il s'appelle Meurtre à Poudlard, compte 18 pages en format 11 Times New Roman, soit 8707 mots !

Je vous présente donc maintenant mon joli graphique :

Novembre 2009 copie.jpg

PS : Pour ceux qui n'ont pas tout compris, parce que j'avoue ne pas m'être très bien expliquée, j'écris des fanfictions sur le thème d'Harry Potter, et étant une personne très... lente, il m'a fallu trouver un moyen pour me motiver. Et celui-ci fonctionne très bien :)

23 novembre 2009

E. Leclerc recommence...

Je vais commencer par remercier ma zumelle de me filer gratuitement l'article qu'elle vient de mettre une heure à écrire, publié ici. Je sens que si je cherche à m'exprimer sur le propos, je vais m'énerver...

Ce Vendredi 20 Novembre, peu avant 20h, a été diffusé sur TF1 et France Télévision le nouveau spot d'opinion du groupe E. Leclerc. La vidéo est à ce lien. Le but recherché selon Michel-Edouard Leclerc, président des centres Leclerc, serait de baisser le prix des médicaments non remboursés de 20 à 25 %.

Ahah Ahah Ahah... Morte de rire. Franchement, qui y croit ? Oh, certes, s'il réussit à vendre ces médocs (ce qui n'a pas intérêt à arriver !) peut-être les prix vont-ils baisser quelque temps... Avant de remonter en flèche ^^

Et ce n'est pas la première fois que Leclerc fait une publicité de ce genre... Début Avril 2008, on avait déjà eu droit à ça. Je signale d'ailleurs que ce premier spot n'avait pas été validé par la BVP (Bureau de Vérification de la Pub) mais que TF1 et M6 avaient passé outre à ce moment-là. Peu de temps après, Leclerc avait été condamné à retirer sa campagne publicitaire sur la vente de médicaments en grandes surfaces par le tribunal de grande instance de Colmar pour cause de "pratique commerciale déloyale" (article ici).

Les Pharmaciens d'officine ont certes un monopole sur les médicaments. Mais ce n'est pas pour autant qu'ils ont une marge énorme sur ces produits, même ceux non remboursés ! Si les prix sont hauts, c'est parce qu'ils achètent les médocs à prix hauts aux laboratoires ! Et, croyez-moi ou non, ce n'est pas avec les produits très chers que les pharmaciens gagnent le plus ^^.

Mais non, Leclerc veut ruiner les pharmaciens, alors il diffuse son spot un vendredi soir, quand personne ne peut plus intervenir avant le lundi suivant...

C'est encore pire que le dernier site de Leclerc ! Après le sesoigner-moinscher.com auquel on a d'abord eu le droit au moment même de sa première pub avec les médiocaments en grande surface, on a maintenant quiestlemoinscher.com, le site qui compare certains produits de Leclerc à d'autres... Bien sûr, les produits que l'on peut comparer sont sélectionnés ^^ Que sait-on de tous les produits qu'il ne cite pas ?

Alors, Leclerc, arrête de prendre les consommateurs pour des idiots, fait baisser les prix de tes propres produits avant de vouloir baisser les prix des produits des autres.

Quelques liens (et oui, encore ! ) :

- Une vidéo anti-pub Leclerc faite peu après le spot de 2008

- Article du Figaro du 21/11/2009 : Pharmacie : Leclerc repart à l'assaut

- Un autre article, Leclerc remet ça... à la sauvette.

Et dire que la majorité des Français ont confiance en leur Pharmacien... Si Leclerc réussit à vendre des médoc chez lui, qu'est-ce qui nous garantit qu'il n'y aura pas utilisation de médicaments périmés ou autre ^^ A l'image de certains bouchers des supermarchés...

Voilà, c'était l'article gentillement prêté par ma soeurette. Sachez que si la question me touche autant, c'est que ma mère possède depuis peu sa propre officine, et que je commence à connaître un minimum quelques aspects... disons financiers et non connus du métier. Et Leclerc, pour moi, est un mec quicherche à se faire du fric sur le dos des autres. Et ça m'exècre.

J'attends vos réacions avec impatience.

22 novembre 2009

Sous la douche

Vous ai-je déjà dit que les idées les plus folles me viennent souvent dans l'un des endroits les plus incongrus pour cela, c'est-à-dire sous la douche ?

Et oui, lorsqu'il s'agit d'avoir une bonne idée, notamment au sujet de mes fanfictions, placez-moi dans une douche chaude et elles surgiront (les idées, hein ^^'). La douche doit être ma Muse, à en croire la quantité effroyable d'idées fignolées et/ou crées dans ce lieu. Le seul problème quant à cela, dirons-nous, est l'impossibilité totale d'écrire les mots, les phrases, les dialogues, les évènements directement après que l'idée ait surgi. Ce qui s'avère génant par la suite, car mon cerveau capricieux ne me donne générablement plus envie d'écrire juste après la sortie de la douche ces phrases qui étaient pourtant si imprimées dans mon coeur et dans toute mon âme (je deviens poétique ^^').

Maintenant, vous devez-vous demander : "Bon, elle est gentille la Miss, mais où veut-elle nous mener ?"

Et bien apprenez donc que, mardi soir, dans la douche (so), alors que mon cerveau épuisé refaisait tout seul le décompte de la journée, il a fait un amalgame entre Fanfiction/Ecriture/Cours. Et pas n'importe quel cours, puisqu'il s'agit des TPE, qui, j'avoue, me travaillaient assez, vu que dans mon groupe composé essentiellement de garçons, lorsque la seule fille ramène un paquet de documents ramenés du Salon de l'Eco-Habitat où elle est allée généreusement ce mercredi 11 novembre, et qu'il s'agit de tous les feuilleter pour en récupérer un max d'infos (parce que je n'ai nullement l'intention de faire encore 36 000 recherches alors qu'on a des documents clairs, précis, et nombreux), la fille bosse, deux des garçons feuillètent en parlant de je-ne-sais-trop-quel-match de je-ne-sais-trop-quel-sport, et le dernier contemple les autres bêtement, la tête posée sur ses bras croisés (et c'est là que j'ai dit : "Tu fais quoi au juste, Lucas ?"). Cette phrase immense et imbuvable, c'était pour vous expliquer mon état d'esprit lorsque, fatiguée, je repensais à ces deux heures interminables (et chiantes) déroulées dans la matinée.

Et là, dans la douche, ce mardi 17 novembre 2009 vers 19h40, j'ai eu l'illumination. Quelques phrases, quelques mots qui, assemblés élegamment, formaient mon introduction. Je sais de quoi je veux parler, comment annoncer mon sujet, et même dans quel ordre et de quoi il faut que je parle. Magnifique, hein ?

Enfin, cela serait mieux si j'avais pris le temps de le noter en sortant de la douche, au lieu de m'y mettre cet aprem, soit 5 jours plus tard. Alors que la Muse a disparu, bien sûr. Qui est-ce qui va râler demain soir en s'apercevant n'avoir pas avancé en en ayant la possibilité ? C'est Sawyn, évidemment.

PS : En passant, je me renseigne... Et vous ? Quels sont les endroits dans lesquels vos meilleures idées se développent ? Ca diffère ou, comme moi, il s'agit d'un endroit bien spécifique ?